Par Jean Michel


    Chasse à l'arc du cerf de Java à l'Ile Maurice  Mai 2008

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  Nous sommes au mois de Mai 2008 et enfin le grand jour approche. Mon épouse et moi
avons décidé de prendre quelques jours de vacances exotiques sur l'île MAURICE.
Etant chasseur à l'arc depuis 2 ans je me suis renseigné sur la chasse au cerf de Java
sur cette île et j'ai réussi, grâce à la bienveillance de mon épouse, à concilier farniente,
plage et chasse.
Le voyage est très long et éprouvant, 12 h d'avion presque sans bouger, c'est pire que
3 ou 4 heures de tree stand. Bref nous voici sur l'île de rêve, notre hôtel 4*
      est magnifique.
      SPA, massage, 3 piscines, 3 restaurants, ski nautique, planche à voile, kayak, dériveur,
      plongée avec bouteille, bateau à fond de verre et je passe sur les activités terrestres comme le golf, pétanque, volley, tennis
      etc.….bref, que du bonheur.
      Le séjour s'annonce sous les meilleurs auspices d'autant que même le temps est des nôtres en effet à cette époque de l'année,
      on peut mal tomber mais pour nous c'est plein soleil. Que ça dure !  Nous profitons de la première journée pour nous détendre
      et aussi récupérer.
      Le lendemain matin rdv de bonne heure pour mon premier tour à la chasse avec mon guide.
      Dès notre arrivée sur la zone de chasse qui est immense (5000 ha),  ma première réaction est de tomber amoureux
      de la végétation luxuriante de l'île.
      Il y a des champs de canne à sucre à perte de vue mais il ne faut pas se tromper, l'île MAURICE cache de belles montagnes
      sur lesquelles on transpire abondamment. Ma 2ème réaction sera de rester bouche bée devant l'importance du nombre de
      cerfs sur le territoire et je me dis que ça va être facile, ça ne devrait pas durer longtemps. Mon permis de chasse
      m'autorise à tirer un daguet, un cochon marron, et un grand cerf.

      Départ à la chasse au lever du jour, et quelques roussettes passent sur nos têtes , surprenant et dépaysant.
      On entend dans les plaines  les cerfs et biches pousser leurs petits cris et au loin on les devine dans cette végétation luxuriante.
      Nous avançons à flan de coteau avec beaucoup de prudence car l'approche s'annonce difficile surtout à cause
      du nombre d'animaux.
      Le fait de progresser dans les goyaviers au son des singes et autres perruches met une pointe d'exotism à notre approche.
      En contrebas les cerfs sont à environ 80 m et nous nous sommes arrêtés pour les attendre sur une coulée de sortie.
      20 mn plus tard les voilà qui bougent et commencent à monter vers nous. Mon cœur commence à s'emballer,
      mon dieu qu'ils sont beaux mais aussi qu'ils sont nombreux, là je me dis la moindre erreur va se payer cash.
      Ils sont maintenant à 30- 35 m mais ont décidé de prendre la coulée derrière nous.
      Trop tard on ne peut plus bouger sans quoi c'est terminé, je décide de laisser passer le gros du troupeau pour attaquer
      le dernier cerf.
      Voilà maintenant presque une demi heure que les animaux passent devant nous à environ 35-40 m et j'aperçois les derniers.
      Bientôt ça va être à moi de jouer et déjà je commence à ramper sous les goyaviers.
      Mon expérience ne me permet pas de tirer à plus de 20 m pour la simple raison que je n'ai jamais essayé.
      Je suis maintenant à 27 m mais si je fais un pas de plus je serai à découvert.
      Pourvu qu'il passe assez prêt de moi ……… je l'entends et enfin il sort devant moi, malheureusement trop loin pour assurer un tir.
      Décision est prise de changer de stratégie.
                                              
Cliquez pour agrandir l'image      Deux heures plus tard nous découvrons une autre harde de cerfs couchés au milieu
      d'une grande prairie, sécurisés par l'espace libre autour d'eux.
      Le plan est simple, vu que l'on ne peut pas approcher, on va se placer en lisière
      de bois en espérant que la biche de tête aura la bonne idée de venir dans notre
      direction. 45 mn plus tard la harde se met sur pied et prend notre direction.
      Ils sont encore loin environ 200 m mais s'ils continuent à progresser dans ce sens 
      ça pourrait être bon.
      150 m et ils viennent sur nous, le vent est bon et je suis accroupi dans la végétation
      et commence à avoir des fourmillements dans les veines au fur et à mesure que
      a distance se réduit.
      80 m et toujours vers nous, pourvu qu'ils continuent dans cette direction, plus que . . .
      50 m entre eux et nous et là tout à coup c'est l'explosion et les cerfs s'enfuient
      au galop  dans la direction opposée ? ? ?
      Le vent a tourné et a trahi notre présence . . .  J'enrage  ! ! !
      Il y a encore de la route pour revenir sur nos pas et nous prenons la décision de stopper la chasse pour aujourd'hui
      d'autant que la chaleur commence à être pesante.
      De retour à l'hôtel je rejoints Marie ,mon épouse, qui se réveille à peine, 11 h du mat quand même ! ! ! C'est ça les vacances . . .
      L'après midi sera consacré aux  activités nautiques et au farniente….. HOUAOOOUUUU que c'est agréable !
      Le soir au restaurant nous ferons la connaissance du chef qui est français (Breton) avec qui nous lierons d'amitié.
      Sa cuisine est tout simplement fabuleuse et tout le séjour notre ami nous surprendra par de nouvelles saveurs inoubliables.                
Cliquez pour agrandir l'image    Deuxième jour:

  4h30 départ pour la chasse. Au petit jour on entend les petits cris de cerfs qui rentrent
  à couvert après s'être repus durant la nuit.
  Tout comme la veille je tente de couper leur route en espérant voir un animal assez prêt
  pour assurer un tir.
  Tout comme la veille un tourbillon de vent viendra gâcher mes espérances. Il faut dire
  que le terrain est très vallonné et donne au vent toutes les directions qui peuvent changer
  tous les 10 mètres.
  En contrebas il y a un affût qui normalement a été conçu pour le tir à la carabine,
      mais nous décidons de nous y engouffrer car une harde a pris la direction de celui-ci.
      Les premiers cerfs viennent droit sur nous, le vent est bon, tout va bien. Ils sont à 50 m,
      Puis 40 m……. 35 m ! ! !
      Je n'arrive même plus à respirer, le spectacle est grandiose, une biche, la biche de tête,
      entraîne la harde vers nous,et juste derrière elle se tient un fabuleux daguet qui fait partie
      de mon plan de chasse.
      Je m'apprête à armer car dans quelques secondes il sera à portée de tir.
      Tout à coup dans un énorme fracas c'est toute la harde qui explose . . . Le vent a encore tourné !
      C'est la cata…. Je suis désolé, dépité.
      Après une discussion avec mon guide, il parait évident qu'avec ces vents changeants aucun tir
      ne sera possible dans les 20 premiers mètres.
      Nous décidons de rentrer au camp pour que je m'entraîne à tirer jusqu'à 40 m.
      Après quelques dizaines de flèches ça y est je suis au point,
      j'ai mes repères pour éventuellement faire un tir à 30, 35 ou 40 m.
      Retour à l'hôtel ou mon épouse devait m'attendre, mais elle a trouvé le temps long
      et le SPA agréable et c'est là que l'on se retrouvera.
      C'est chouette les vacances !

      Troisième jour:

      Je n'ai que 5 jours de chasse et c'est déjà le troisième que je m'apprête à vivre. Pourvu que la chance me sourit . . .
      Au petit jour nous avançons de bosquets en bosquets tout en me remémorant les repères de la veille en cas de tir un peu long.
      Des Martins s'envolent devant nous, c'est un signe car ces oiseaux sont toujours sur les cerfs pour les débarrasser des petits
      insectes, tiques etc.,
      J'entame une approche et en effet devant moi 3 jeunes cervidés, une biche, un faon et un daguet. Mes yeux sont rivés sur
      ce dernier, tout en surveillant la demoiselle biche qui sera sans doute la première à me détecter si ça doit arriver.
      Mon approche va échouer à 70 m, toujours ce putin de vent qui vient de tourner. Il est maintenant 10h30 et il fait trop chaud
      pour continuer, je préfère rentrer et revenir ce soir à la fraîche peut être que . . .

      Mon épouse et moi allons profiter de la journée pour visiter l'île et aussi pour ramasser des coquillages et des coraux que
      la mer a rejetés sur le sable.
      C'est un vrai paradis.
      Après un dîner pris un peu plus tôt que d'habitude, me voici sur les lieux de chasse.
      Tout en jumelant nous progressons en bordure du bois. Soudain devant nous un beau lièvre, je jette un coup d'œil à mon guide
      qui me fait signe de la tête OUI ! !  J'arme ……… il est à 22 m et je tire. Ma flèche l'a frappé un peu haut mais il est bien touché.
      Malheureusement l'endroit étant très sale nous ne le retrouverons pas.  La nuit ne va pas tarder à tomber, nous sommes
      au bord d'un petit ruisseau à proximité d'un grand roncier.
      Tout à coup des grognements ?? Un cochon marron ?? Je m'avance vers ceux-ci quand un cochon marron en sort au trot.
      J'arme, je suis à 24 m,  et dans le mouvement je lâche ma flèche.  Le bestiaux rue dans une course folle, je regarde mon
      guide qui me fait signe du pouce levé, c'est bon !
      La nuit tombe et nous sommes obligés de rentrer. En passant devant la ferme nous avertissons le gardien des lieux qui
      récupérera l'animal le lendemain.


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Cliquez pour agrandir l'image      Quatriéme et avant dernier jour :

      St HUBERT serait il avec moi ? Hier un lièvre et un cochon marron, peut être qu'aujourd'hui ? ?
      On verra bien !
      Cela fait 2h30 que nous marchons sans avoir pu approcher un animal.
      Et dire que je me disais au début, ça va être facile !
      Nous avons repéré à la jumelle une harde en contrebas et l'approche commence. Chaque rocher,
      chaque palmier et tout ce qui peut me servir à me cacher est exploité.
      Je suis maintenant à 50 m du daguet que j'ai repéré dans le troupeau.
      J'ai de la chance car pour l'instant il est en périphérie de la harde et si je réussis mon approche
      ça peut le faire.
      Les derniers mètres sont difficiles car le sol est craquant et je suis obligé de ramper car je
      n'ai plus de protection, le sol est plat sans végétation haute. Peu importe car je suis à 32 m de lui,
      Je viens de me retourner pour regarder mon guide qui me fait signe avec ses doigts de la distance
      qu'il a prise au télémètre.
      Devant moi un petit rocher, je me cale derrière lui et sort la tête pour voir si mon daguet est toujours là.
      YES ! il y est toujours il ne se doute de rien . . .
      Avant que le vent ne tourne, j'arme…. Je me souviens de la correction à 32 m et je l'applique et . . .
      FLOOWWWwwww ma flèche est partie !

      Je la vois faire une légère courbe et frapper plein thorax  mon daguet. C'est l'explosion de la harde
      et les animaux vont dans tous les sens car ils ne savent pas ce qu'il se passe ni où d'ailleurs.
      Un tout petit faon dans la panique générale viendra se blottir contre ma botte en pensant se trouver
      à l'abri du piétinement de ses congénères. Très vite il comprendra que ce n'était peut être pas la meilleure
      option et va s'enfuir vers sa mère. Qu'il était mignon, j'aurais pu  le toucher si j'avais voulu et j'en garde un
      très très beau souvenir.
      La demi heure d'attente étant passée, nous nous dirigeons à l'anchuss.

      Ma flèche est plantée au sol et vu la quantité de sang dessus il semblerait que l'animal soit bien touché.
      En fait il est là, il est à 20 m de la flèche, couché sur le coté. C'est un très beau daguet,zoreille,
      ainsi nommé car les bois dépassent les oreilles. Je suis tout tremblant devant cet animal.
      Je lui rend les honneurs et je me dis en moi, ENFIN !  JE N'Y CROYAIS PLUS ! !
      De retour à l'hôtel je raconte ma chasse à Marie, et on va fêter ça directement au bar.

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Cliquez pour agrandir l'image      Cinquième et dernier jour de chasse :

  Maintenant que St Hubert  et St Ignace sont avec moi, peut être que le grand cerf que l'on
  a repéré dans les bambous ? ? ?
  En effet le premier jour de chasse nous avions repéré un grand cerf médaille d'or dans
  une foret de bambous et de palmistes.
  Nous longeons à l'approche la zone où on l'a vu la dernière fois. Quelques Martins viennent
  de s'envoler devant nous ? ? ?
      Je décide d'avancer seul car les bambous morts au sol rendent l'approche très bruyante.
      Je le vois,  il est au milieu d'une grosse harde de cerfs  et biches mais je reconnais
      le grand trophée qu'il arbore.
      Décidemment j'ai de la chance car leur déplacement se fait vers moi et je choisis donc de rentrer
      dans la végétation pour les attendre.
      La harde est à 80 m et la pression monte ! ! ! 60 m et mon cœur bat si fort que j'ai peur que les animaux l'entendent…..
      Faut que je me calme ! ! !
      40 m, 30 m, 20 m, 10 m et les premiers cerfs et biches passent devant moi. Personne à ce moment ne se doute
      qu'un chasseur est à l'affût.
      Il arrive, il est au bon milieu du troupeau, ça va être difficile. Je me rends compte qu'il est à l'opposé de moi et qu'il risque
      de passer hors de portée alors que j'en ai 80 qui passent à moins de 20 m ! ! !
      Il arrive, je suis armé et j'attends la moindre occasion pour lâcher ma flèche. D'un coup d'œil sur le coté j'ai vu sur
      les doigts du guide, 25 m. OUF c'est tant mieux il s'est rapproché.
      Dans mon viseur je saisis une opportunité, durant quelques secondes il est seul, je veux dire que devant et derrière
      lui il n'y en a pas d'autre que je pourrais blesser). Mon pointeau sur le défaut de l'épaule et FLOUWWWWWWWWWW………..
      Ma flèche vient de le frapper exactement à l'endroit que je visais mais par contre elle ne traverse pas.
      Le grand cerf rue la tête baissée et ses bois en avant cassent du bois pour tout l'hiver  sur son passage.
      C'est toute la harde qui a explosé et c'est dans un fracas épouvantable que tous les animaux s'enfuient.
      Le grand cerf lui a ralenti dans la prairie, il est maintenant à 40 m de moi, il fait quelques pas en marchant
      et titube mais ne tombe pas ? ?

      J'ai le souffle coupé !

      Tout à coup il s'effondre comme une masse.  Le grand cerf n'est plus ….. Il est mort à vue.
      Je suis incapable de décrire les émotions de cet instant.

      Emotions partagées entre la joie et la tristesse devant la mort de ce si bel animal, que dis je ,  Ce cerf royal ! !

      Je vérifie ma flèche et constate qu'elle a pénétré au défaut de l'épaule, elle s'est logée sur la patte opposée
      ce qui ne lui a pas permis de traverser.
      Au dépeçage, les deux cerfs seront morts d'une étoile en plein cœur.

      Congratulations et félicitations de tous sans oublier les photos ! Que de souvenirs ! !
      Le trophée une fois mesuré accuse 32,5 pouces.

      Mon épouse et moi passerons les 5 jours de vacances restants en nous abandonnant  au soleil parmi les palmiers,
      les cocotiers et sans oublier la cuisine trois étoiles de notre nouvel ami Claude.
      C'est un séjour de rêve comme on a même du mal à en rêver.

      Voilà en quelques mots un petit récit de ce fabuleux voyage de chasse en couple sur l'île MAURICE que je ne suis pas
      prêt d'oublier.


                Jean Michel TELLECHEA                                            
                                                                                                Mon arc : Compound  ELITE SYNERGY 60# ---
                                                                                                Mes tubes : Easton 340
                                                                                                Mes lames : Thunderhead 125 gr.
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Cerfs / Ile Maurice 2008

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samedi 22 juin 2019